Portrait de Olivier Combes

Olivier Combes

De la peur paralysante à la liberté retrouvée : j'accompagne ceux qui en ont assez de s'organiser autour de leurs phobies.

Ce qui me définit

Adjectifs

Tenace, empathique, curieux, enthousiaste, transformé, courageux, bienveillant, authentique

Mes valeurs

La liberté émotionnelle, la bienveillance, le dépassement de soi, l'authenticité, la transmission, la famille, l'humilité

Je ne suis pas quelqu'un qui a toujours su ce qu'il voulait faire. Je suis quelqu'un qui a vécu des choses, qui s'est retrouvé face à ses propres limites, qui a cherché des solutions, et qui, au bout du compte, a trouvé quelque chose qui change vraiment la vie. La mienne d'abord. Celle de mes clients ensuite. Ce que tu vas lire, c'est mon chemin — avec ses chutes, ses colères, ses peurs, et les moments où tout a basculé.

Chapitre I

La glissade qui a tout changé

BD chapitre 1

En 1994, j'avais la vingtaine et je faisais mon service militaire aux îles Kerguelen, tu vois, ces îles perdues au bout du monde dans l'océan Indien austral, à des milliers de kilomètres de tout. Quatorze mois là-bas, à étudier une population de mouflons, dans un environnement qui n'a rien à voir avec ce qu'on connaît en France. Pas de réseau, pas de voisins, pas de médecin disponible en permanence. Juste le vent, le froid, les rochers, et une poignée de personnes avec toi.

Ce jour-là, on était cinq à se balader dans ce qu'on appelait la Vallée des Merveilles. Le terrain était enneigé, glacé, et on avançait prudemment parce qu'on savait que ça ne pardonnait pas. Et là, sans que je comprenne vraiment comment, je glisse. Mon pied part, mon corps suit, et je commence à dévaler la pente sans pouvoir m'arrêter. Je me souviens de la sensation du sol qui file sous moi, du froid qui brûle mes mains quand j'essaie de m'agripper à quelque chose, et des rochers tranchants qui se rapprochent à toute vitesse en bas. Je me suis arrêté à quelques mètres d'eux. Quelques mètres, pas plus.

Sur le moment, j'ai repris ma respiration, on a continué la balade, et j'ai mis ça derrière moi. Sauf que mon cerveau, lui, n'a pas mis ça derrière lui. Parce que dans cette situation, j'étais à plusieurs jours de tout secours médical, le médecin n'était pas là, un rapatriement aurait pris un temps fou, et mon cerveau a enregistré ce moment comme une menace de mort réelle. Et quand le cerveau enregistre ça, il crée une protection. Une protection que tu ne demandes pas, que tu ne choisis pas, et qui va s'installer pour longtemps.

De retour en France, j'ai commencé à ressentir des vertiges dans des situations qui n'avaient pourtant rien à voir avec ce qui s'était passé aux Kerguelen. Un balcon au septième ou huitième étage, et c'était les sueurs froides, la rambarde obligatoire, l'impossibilité de m'approcher du bord. Une acrophobie sévère, qui allait durer vingt-deux ans. Vingt-deux ans à vivre avec ça, sans vraiment comprendre d'où ça venait, parce que le lien entre la glissade et la phobie, je ne l'avais pas fait consciemment. C'est ça qui est fascinant et un peu vertigineux, si j'ose dire : un traumatisme peut s'installer en une fraction de seconde, dans un moment que tu n'as même pas identifié comme traumatisant, et gouverner une partie entière de ta vie sans que tu en comprennes l'origine pendant des années.

La morale

Un traumatisme peut s'installer en une fraction de seconde et gouverner ta vie pendant vingt-deux ans sans que tu en comprennes l'origine.

Chapitre II

La colère contre mes enfants, le déclic du changement

BD chapitre 2

Je voulais être un père bienveillant. Vraiment. Ce n'était pas juste une belle intention vague, c'était quelque chose qui me tenait profondément à cœur, parce que j'avais grandi dans un modèle plus autoritaire et que je ne voulais pas reproduire ça avec mes enfants. Alors j'ai lu, tu vois, j'ai lu beaucoup : la communication non violente, l'éducation positive, des bouquins sur la parentalité, des articles, des trucs comme ça. J'avais les outils dans la tête. Le problème, c'est que les outils dans la tête et les émotions dans le corps, c'est deux choses complètement différentes.

Parce qu'en vrai, malgré toutes ces lectures, malgré toute cette bonne volonté, il y avait des moments où la colère explosait. Pour des détails, souvent : un verre cassé, des chaussures qu'on refuse de mettre, une porte qui claque. Des choses anodines, objectivement, mais qui déclenchaient en moi quelque chose de disproportionné, quelque chose que je ne maîtrisais pas vraiment et qui me laissait ensuite avec un sentiment de honte et de frustration. Je savais ce que je voulais faire, je savais comment j'aurais voulu réagir, et pourtant mon corps partait dans une autre direction. C'est un sentiment très désagréable, de se sentir en décalage avec ses propres valeurs comme ça.

C'est cette frustration-là qui m'a poussé à chercher autre chose, à aller au-delà des livres. J'ai rencontré une coach en développement personnel, et il y a eu notamment cet exercice du miroir, face à ses propres émotions, qui m'a vraiment bousculé. Parce qu'en tant qu'homme, on nous a souvent appris à être fort, à ne pas montrer ses émotions, à encaisser, voilà. Alors apprendre à les regarder en face, à les nommer, à les laisser exister sans les étouffer ni les laisser exploser, c'est un vrai travail. Et puis un jour, par hasard, je tombe sur un webinaire de yoga où quelqu'un raconte qu'il a réglé sa timidité et une phobie grâce à une méthode que je ne connaissais pas encore. Ça, ça a tout changé.

Ce qui me touche le plus dans cette période, c'est ce que ma fille m'a dit bien plus tard, quand j'avais déjà beaucoup travaillé sur moi. Elle m'a dit : "Papa, il n'y a plus de bouton, ça ne sert plus à rien d'appuyer." Tu vois, elle savait, elle. Les enfants savent toujours. Et c'est souvent eux, au fond, qui nous poussent à nous transformer vraiment, en profondeur, parce qu'on ne peut pas leur mentir et qu'on ne veut surtout pas leur faire du mal.

La morale

Connaître les bons outils ne suffit pas : c'est en travaillant ses émotions en profondeur qu'on devient enfin le parent qu'on voulait être.

Chapitre III

Du vertige au saut à l'élastique

BD chapitre 3

Pendant vingt-deux ans, j'ai vécu avec cette peur des hauteurs sans vraiment savoir quoi en faire. Je m'étais organisé autour d'elle, tu vois, comme on fait avec les choses qu'on pense permanentes. Je prenais la rambarde sur les balcons, j'évitais certaines situations, je gérais. Mais il y a eu un moment où ça a vraiment commencé à me peser, et notamment à cause de mes enfants.

Je me souviens d'un séjour au Puy-en-Velay, mes enfants avaient six et huit ans à peu près. On était dans un endroit en hauteur, comme il y en a beaucoup là-bas, et eux, comme tous les enfants, s'approchaient du bord sans la moindre appréhension, avec cette légèreté insouciante qui te fait à la fois sourire et te glacer le sang quand tu es toi-même terrifié par la hauteur. Je les regardais s'avancer vers le bord et je sentais l'angoisse monter dans ma poitrine, les mains qui se crispent, le ventre qui se noue. Et le soir, les angoisses nocturnes. Je n'arrivais pas à dormir, je rejouais les scènes de la journée, j'imaginais le pire. C'était épuisant, et surtout, ça m'empêchait d'être pleinement présent avec eux.

C'est par ce fameux webinaire de yoga dont je te parlais que j'ai entendu parler de la méthode NERTI pour la première fois. J'ai cherché, j'ai trouvé un praticien, et j'ai fait une séance. Une seule. Et là, quelque chose s'est passé que je n'aurais pas cru possible avant de le vivre : la peur a disparu. Pas atténuée, pas réduite à un niveau gérable, disparue. Vingt-deux ans de vertige, et une séance pour s'en libérer. Je sais que ça peut paraître incroyable quand on l'entend comme ça, et je comprends le scepticisme, parce que moi-même j'aurais été sceptique avant.

Ce qui a suivi, c'est une espèce d'appétit pour tout ce que j'avais évité pendant toutes ces années. La via ferrata, le canyoning, les acrobranches, les gorges du Verdon. Et puis un jour, le saut à l'élastique. Plusieurs fois, même. Le parachute est encore dans la liste, bah oui, pourquoi pas. Ce qui me frappe encore aujourd'hui, c'est que non seulement la peur a disparu, mais elle a été remplacée par quelque chose qui ressemble à de la joie, à du plaisir, à une forme de liberté que je n'avais pas connue depuis très longtemps. Une contrainte qui dure vingt-deux ans peut disparaître en quelques minutes, et ce qui était une limite peut devenir une passion. C'est ça qui m'a donné envie de me former pour accompagner les autres à leur tour.

La morale

Une peur de vingt-deux ans peut disparaître en une seule séance, et laisser place à une liberté et une joie insoupçonnées.

Chapitre IV

Joëlle, le rendez-vous médical oublié

BD chapitre 4

Joëlle, je l'ai croisée dans une association, et quand elle m'a parlé de sa phobie du milieu médical, j'ai compris que sa vie entière s'organisait autour d'elle. Les piqûres, le dentiste, les hôpitaux, tout ça lui provoquait une angoisse tellement intense qu'elle avait accouché sous anxiolytiques lourds, tu vois, des médicaments vraiment costauds, pas juste un petit quelque chose pour se détendre. Et ce n'était pas seulement dans la salle d'attente que ça commençait. Si elle avait un rendez-vous médical dans dix jours, elle était déjà "morte" pendant ces dix jours. La vie sociale s'arrêtait, les projets s'arrêtaient, tout se figeait dans l'attente anxieuse de ce moment redouté. Elle ne venait jamais seule à ses rendez-vous, il fallait toujours quelqu'un avec elle pour tenir, pour accompagner, pour être là au cas où.

On a fait une séance ensemble. Et je me souviens qu'à la fin, elle m'a regardé avec un air un peu perplexe, comme si elle n'était pas tout à fait convaincue, parce que ça avait été rapide, tu vois, tellement rapide qu'elle pensait que ça n'avait pas vraiment marché. C'est quelque chose que je vois souvent, d'ailleurs : les gens s'attendent à ce que la guérison soit aussi longue et douloureuse que la phobie elle-même, alors quand ça se passe vite, ils ne savent pas trop quoi en penser.

Deux semaines après, son mari l'appelle une heure avant son rendez-vous médical pour lui rappeler qu'elle en a un. Elle avait oublié. Complètement oublié. Elle y est allée seule, sans médicament, sans anxiété, sans que ça lui prenne toute son énergie mentale. L'entourage était stupéfait, et je comprends, parce que pour eux aussi c'était une réalité depuis des années. Ce qui me touche dans l'histoire de Joëlle, c'est que la vraie guérison, des fois, c'est exactement ça : on oublie qu'on avait peur. Ce qui était une catastrophe, ce qui organisait toute une vie autour de lui, devient simplement normal, banal, sans importance. Et c'est peut-être ça, au bout du compte, la plus belle définition de la liberté.

La morale

La vraie guérison d'une phobie, c'est quand on oublie qu'on avait peur : ce qui paralysait toute une vie devient simplement banal.

Chapitre V

La coiffeuse qui appelait sa maman en conduisant

BD chapitre 5

Elle était coiffeuse à domicile, ce qui veut dire que la voiture, c'était son outil de travail, son moyen de subsistance, quelque chose qu'elle ne pouvait absolument pas éviter. Et pourtant, conduire lui faisait une peur bleue. Pas une petite appréhension qu'on gère en serrant les dents, une vraie peur qui la paralysait sur certains trajets et qui l'obligeait à construire toute sa vie autour d'elle.

Les grands axes, les autoroutes, c'était hors de question. Elle restait en local, elle connaissait ses routes, elle s'était créé un périmètre dans lequel elle se sentait à peu près en sécurité. Et même sur ces trajets-là, elle appelait sa maman. Tout au long du trajet, tu vois, pour ne pas être seule avec l'angoisse, pour avoir une voix dans l'oreille qui lui rappelle qu'elle existe, qu'elle n'est pas seule, que ça va aller. Je trouvais ça à la fois touchant et tellement révélateur de ce que les phobies font vraiment aux gens : elles ne restent jamais entre toi et toi, elles embarquent tout le monde autour.

Pour les vacances en famille, c'était son mari qui conduisait, et elle, elle prenait des médicaments pour, comme elle disait, "s'ensuquer", pour ne plus vraiment être là pendant le trajet, pour traverser le voyage dans un état cotonneux qui lui permettait de supporter. Elle est venue me voir accompagnée au début, comme elle faisait pour tout. Et à un moment, je lui ai demandé de venir seule à la prochaine séance, en conduisant. Je sentais qu'elle était prête, même si elle n'en était pas sûre.

Elle l'a fait. Elle est arrivée, elle a garé sa voiture, et quand je lui ai demandé comment ça s'était passé, elle m'a répondu avec ce petit air un peu surpris de quelqu'un qui vient de réaliser quelque chose : "Ah bah oui, c'est possible." C'est une phrase simple, mais elle dit tout. Et ce qui m'a vraiment touché, c'est de penser qu'il y avait deux personnes soulagées ce jour-là : elle, et sa maman, qui n'aurait plus à décrocher le téléphone à chaque trajet pour porter cette peur avec sa fille. Se libérer d'une phobie, c'est souvent ça aussi : libérer tous ceux qui la portaient avec nous sans qu'on leur ait rien demandé.

La morale

Se libérer d'une phobie, c'est aussi libérer tous ceux qui la portaient silencieusement avec nous depuis des années.

Si tu as une phobie, quelle qu'elle soit, je veux que tu saches une chose : ce n'est pas une fatalité, et tu n'as pas à t'organiser autour d'elle pour le reste de ta vie. J'en suis la preuve vivante, et les personnes que j'accompagne en sont la preuve aussi, semaine après semaine. Une peur qui dure depuis vingt ans peut disparaître en une séance. Une vie construite autour d'une angoisse peut s'ouvrir en grand, parfois plus vite qu'on ne l'imagine.

Ce que je fais avec ma méthode Adieu Phobies, c'est t'accompagner pour aller chercher à la source ce que ton cerveau a enregistré comme une menace, et lui permettre de le relâcher. C'est toi qui fais le travail, honnêtement, moi j'accompagne, je guide, je crée les conditions. Mais les résultats, ils t'appartiennent entièrement.

Si tu en as assez de vivre avec cette peur qui te coûte de l'énergie, qui t'empêche de faire des choses que tu aimerais faire, qui embarque tes proches avec toi, alors c'est peut-être le moment d'essayer autre chose. Quelque chose qui change vraiment la vie, c'est chouette de pouvoir le dire.

Olivier

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Olivier Combes

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